Rédigé par Quentin Gonçalves | Temps de lecture : 8 min
Tu vois cette poudre verte vif qui envahit les cartes des cafés branchés ? C'est le matcha. Avant d'être un latte instagrammable, c'est un thé japonais vieux de huit siècles, au cœur d'un rituel précis. Entre tradition et tendance, on démêle le vrai du marketing.
Le matcha n'est pas né sur les réseaux sociaux. Il vient des monastères zen japonais du XIIe siècle, importé de Chine par le moine Eisai. À l'époque, on le boit pour rester éveillé pendant la méditation. Rien à voir avec un dessert.
Le chanoyu, la cérémonie du thé japonaise, transforme la préparation du matcha en art total. Chaque geste compte : la façon de tenir le bol, de fouetter la poudre au chasen (le fouet en bambou), de le tendre à l'invité.
Ce n'est pas une pause café. C'est un moment de calme construit, où l'hôte honore son invité et où le silence a autant de valeur que les gestes. La cérémonie peut durer plusieurs heures.

Alors, rite ou tendance ? Les deux, en fait. La base est bien un rituel séculaire. Mais sa popularisation actuelle en Occident, elle, doit tout au marketing et aux influenceurs : matcha latte, pâtisseries vertes, packaging soigné pour Instagram.
Le fond reste authentique. La forme, elle, s'est largement éloignée du bol en céramique et du silence du chanoyu.